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Campagne de Caux > Tourisme & Loisirs > Eglises > SAINT-MACLOU-LA-BRIERE

SAINT-MACLOU-LA-BRIERE

Église de Saint-Maclou-la-Brière

HISTOIRE(S) D’EGLISES

 

Historique du village :

L’origine d’une occupation sur le lieu semble très ancienne. Des objets néolithiques (3000-4000 avant JC) y ont été retrouvés. Ils sont d’ailleurs visibles à la Maison des Traditions Normandes. Le site a aussi été occupé à l’époque gallo-romaine puisque de la céramique de cette période a été retrouvée par J. Le Maho. Il y avait d’ailleurs probablement une voie romaine qui partant d’Harfleur, traversait Saint Maclou la Brière pour aller jusqu’ à Fauville. Son tracé correspondrait à l’actuel chemin des Primevères qui reliait jadis Bréauté à Tocqueville les Murs.

 

Les origines de Saint-Maclou sont toutefois mal connues. Au XIème siècle, il aurait pu y avoir une implantation bretonne.

 

La première mention historique date de 1151 : Henri II Plantagenet confirme alors la donation par Guillaume de Bréauté, de l’église de Saint-Maclou, au prieuré de chanoines réguliers de Saint-Laurent-en-Lyons, commune actuelle de Beauvoir en Lyons. C’est alors un prieuré-cure.

 

ANECDOTE : Il est étonnant de constater que ce prieuré, éloigné de plus d’une centaine de kilomètres, ait autant de lien avec notre canton. En effet, Nicolas du Tôt, seigneur de Gonfreville-Caillot fut nommé par Henri IV prieur de Saint-Laurent-en Lyons alors qu’il n’avait que 7 ans. Les archives nous disent que la communauté eut beaucoup à souffrir sous lui, car dans son commencement ce fut Monsieur du Tot-Gonfreville, son frère qui eut l’administration du prieuré et, lorsque les religieux parloient un peu trop haut on leur envoyait pour les contenir plusieurs cavaliers du régiment de monsieur du Tot, seigneur d’Argueil pour leur faire la correction à coup de bâton.

 

Cette donation permet de savoir que les sires de Bréauté furent les premiers seigneurs de Saint-Maclou. Ils avaient reçu les terres de Bréauté quand Rollon devint comte de Normandie et distribua les fiefs à ses fidèles compagnons. Ils ont ensuite reçu cette terre de Saint-Maclou en récompense de la loyauté de Robert de Bréauté envers Guillaume le Conquérant lors de la bataille d’Hastings en 1066. Ils la conservèrent jusqu’en 1152 date à laquelle Guillaume de Bréauté, dit le Pieux, donna la plupart de ses terres à l’abbaye de Saint-Lô de Rouen et au prieuré de Saint Laurent.

 

Plus proche de nous, on connaît une mention du nom Saint-Maclou la Brière vers 1210 sous la forme de Sanctii Macuit de Bruieria.

 

L’érection de la terre de Tancarville en comté en 1354 nous montre l’existence de la baronnie du Hallebosc s’étendant sur une quinzaine de fiefs. L’un d’eux était celui des Brières. Les sires de Tancarville étaient donc les suzerains de Saint-Maclou qu’ils morcelèrent en 3 entités distinctes par concession à différents seigneurs : le fief de la Brière, la seigneurie de Roumare et la paroisse de Saint-Maclou.

 

Séparées, ces terres ont toutefois une histoire imbriquée.

 

Le premier domaine, celui de la Brière, passe aux mains de différentes familles dont les Le Pelletot, titrant seigneurs de la Brière qui le conservent du début du XVIème siècle jusqu’au début du XVIIème. A cette date, Philippe de Mesniel, seigneur de Saint Vaast, inhumé dans le choeur de l’église, en devient propriétaire. A sa mort en 1646, le domaine passe à la famille Le Cornier de Cideville, seigneur de Saint Hélène à Saint Jouin Bruneval qui le vendit en 1772 à la famille de Banneville.

 

Le second domaine est celui de Roumare, né du démembrement de la seigneurie de Bréauté. Une grande famille locale, les Pétreval, seigneur d’Annouville le tient en début du XVème siècle. Le mariage de Catherine de Pétreval avec Bertrand de Bailleul fait rentrer Roumare dans cette autre grande famille qui le garde jusqu’à la mort de Jean-Charles de Bailleul à la veille de la Révolution. C’est une branche de la famille, le « rameau » principal demeurant au château de Bailleul à Angerville, qui s’installe à Roumare et y fait édifier un château dans la seconde moitié du XVIème siècle. Il en demeure quelques murs d’enceinte avec tourelles d’angle, une entrée de souterrain dont la tradition veut qu’il conduise à Vattetot, un magnifique porche du début du XVIIème siècle, les vestiges d’une chapelle en ruine et un puits édifié en 1604 sur lequel figurent les armes de la famille avec le monogramme NDB (Nicolas de Bailleul).

 

Le fils du bâtisseur du château, Charles Bailleul, épouse en 1638 Marguerite du Mesniel, fille du sieur de la Brière. Cette alliance lui permet de réunir les deux seigneuries. Son fils, François de Bailleul porte dès lors et jusqu’à la Révolution le titre de seigneur de Roumare et de Saint Maclou.

 

ANECDOTE : On notera toutefois que Marguerite du Mesniel transmit le titre de Saint-Maclou alors que son père titrait de la Brière. Explications : lors du siège de Rouen en 1592, le prieuré de Saint-Laurent en Lyons est détruit. Incapable d’offrir un lieu de culte convenable à la population de Saint-Maclou, il est décidé de réédifier une église. On ne sait pas qui prit la décision mais la tombe de Philippe du Mesniel laisse supposer que cela fut à son instigation ou sur celle de sa fille. A partir de cette époque, les Mesniel se prévalurent du titre de patron honoraire de la paroisse et fondèrent le titre de la Brière avec celui de Saint-Maclou.

 

Les trois entités étaient alors réunies pour ne faire qu’un village.

L’église : historique et extérieurs

Église de St Maclou

L’église actuelle n’a pas été reconstruite sur le site de la première église. Celle-ci se situait à 500 mètres au nord du village, sur le promontoire dominant la Valette où se dressait une enceinte fortifiée.

 

Les Chroniques de Normandie rapportent que c’est dans cette église qu’entre 960 et 990 [1], un prêtre du nom d’Isaac, curé de Saint-Maclou, vit le vin se changer en sang au cours de sa messe. Son calice fut transporté avec tous les honneurs à l’abbaye de la Trinité de Fécamp, consacrée en 938. Une autre tradition précise que ce miracle eucharistique se serait produit le jour où le duc de Normandie Robert dédiait l’abbaye de la Trinité. Telle serait l’une des origines du Précieux Sang sur lequel l’abbaye allait asseoir sa renommée durant des siècles.

 

L’église primitive a été abandonnée par le prieuré de Beauvoir-en-Lyons quand ce dernier s’est trouvé mis à sac au moment du siège de Rouen en 1592. Ayant laissé vacantes leurs terres Saint-Maclouaises pendant plusieurs années et étant incapables d’offrir un lieu de culte décent à leurs paroissiens, la décision fut prise de reconstruire une église. Son emplacement fut changé, volonté probable de montrer qu’il s’agissait d’une construction des seigneurs locaux, les du Mesniel, et non du prieuré. Toutefois, notons que le prieuré conserva la dîme des terres ainsi que le droit de patronage jusqu’en 1775.

 

L’édifice reconstruit comprenait une nef surmontée d’un clocher qui fut trouvé en mauvais état en avril 1684 lors de la visite pastorale de monseigneur Colbert. Il fut alors en partie réédifié, mais seulement entre 1770 et 1780 par le maître maçon Desmares. Il présentait désormais un porche surmonté d’une tour de clocher carrée à deux étages, avec une flèche à quatre pentes en ardoises.

 

Ce décalage entre la constatation du mauvais état et les travaux effectifs peut s’expliquer par un Procès qui eut lieu en 1710 entre les trésoriers de la fabrique et les prieurs et religieux de Saint-Laurent en Lyons. Ces procès avaient souvent lieu justement au sujet du financement des travaux. La coutume voulait que les religieux paient les travaux pour la partie sacrée de l’église (le choeur), tandis que la fabrique avait à sa charge la partie profane. Les conflits étaient fréquents quand le clocher se voyait déplacé de l’une à l’autre de ces parties, chacun se renvoyant la balle. Un procès de 100 ans eut ainsi lieu à Bréauté.

 

La tour de clocher est cantonnée de deux contreforts en brique sur la face ouest, avec sur la côté une tourelle en silex à lits de brique coiffée d’une toiture conque en ardoises.

 

Le choeur, plus étroit que la nef est, comme elle, construit en pierre et silex.

 

Les murs extérieur de légliseLes murs extérieurs étaient ornés de blasons entre chaque baie. Ils ont été martelés à la Révolution sans que l’on sache s’ils reproduisaient les armes des Mesniel ou des Bailleul.

 

 

 

 

 

 

Intérieur de l’église

     Le porche

Sous le porche, a été placée au-dessus d’un petit autel en pierre du XVIIIe siècle, une Piéta en pierre badigeonnée, aussi en blanc, apparemment du XVIème siècle. On peut s’interroger sur son origine. Peut-être provient-elle de l’église originelle. Elle surmonte un tabernacle en bois ciré à rehauts doré du XVIIIème siècle.

 

Devant l’autel se trouvent les fonts baptismaux en pierre du XVIIIème siècle. C’est une cuve ovale à 2 compartiments revêtus de plomb et ornée de godrons.

 

Au-dessus du portail d’entrée, se trouve un vitrail en demi-cercle représentant la mort de Sainte Thérèse de Lisieux. On peut y lire : « Après ma mort je ferai tomber une pluie de roses » et « je veux passer mon ciel à faire du bien sur terre ».

 

Encadrant l’accès à la nef il y a au nord Saint Joseph et au Sud une vierge à l’Enfant, tous les deux en plâtre creux peint et datant de la fin du XIXème siècle.

      La nef

Au revers du portail, une grande statue du Saint Sauveur badigeonnée en blanc semble en terre cuite du XVIIIème siècle.

 

Dans la nef, le confessionnal et la chaire datent de la même époque. En effet, on a réutilisé pour la partie dorsale de la chaire une porte de confessionnal identique à celui existant au bas de la nef. En 1846, l’abbé Cochet notait d’ailleurs qu’il y avait deux confessionnaux identiques dans l’église alors qu’il n’y en a plus qu’un aujourd’hui. On y retrouve la balance du pèsement des âmes dans un décor Rocaille.

 

Le chemin de croix est constitué de lithographies signées « A. Pingot », deuxième moitié du XIXème siècle.

 

Les vitraux de la nef, offerts par des paroissiens, représentent des anges musiciens ou en prière, sauf pour la baie en haut de la nef au Sud où l’ange est accompagné de la Nativité. L’ensemble de ces baies semble avoir été réalisé par l’atelier Devisme en 1923-1924.

 

Les statues sont au nombre de 6 dans la nef :

Côté Nord il y a (de l’entrée vers le choeur) : St Expédit et Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, en plâtre creux peint du XXème siècle.

 

Côté Sud, il y a (de l’entrée vers le choeur) : le Sacré-Coeur de Jésus (plâtre creux, fin XIXe), St Antoine de Padoue (plâtre creux, fin XIXe), Ste Bernadette Soubirous (plâtre creux peint, XXe) regardant Notre Dame de Lourdes (plâtre creux peint, XXe).

      Le choeur

Dans le choeur l’ensemble du maître-autel et du retable garde des traces des différents aménagements de l’église et présente des éléments du XVIIème siècle (tabernacle et prédelle en bois décapé et ciré), remontés dans un ensemble essentiellement du XVIIIème siècle, en bois peint en faux marbre et doré. Cet ensemble présente des pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens supportant un fronton décoré de pots à feux. Il s’agit d’un retable architecturé (il ressemble à une façade d’église), comme on en trouve beaucoup aux XVIIème et XVIIIème siècles [2].

 

Du XVIIe siècle datent également la statue de Saint Nicolas au sud et au nord celle de saint Maclou, toutes deux dans des niches cantonnées de chutes de feuillages.

 

Au centre du retable, un grand Christ en croix en bois ciré (XVIIe) a pris la place d’un christ sauveur, ainsi que l’on peut le voir sur une ancienne carte postale représentant l’intérieur de l’édifice vers 1900. On peut s’interroger sur l’origine de ce Christ en bois, dont la date de création est bien antérieure à celle de sa pause à cette place dans l’église. Y-a-t-il eu inversion avec le Christ Sauveur situé à l’autre bout de la nef ?

 

Le Christ sur un cadre et surmonté d'une colombeCe Christ repose sur un cadre de tissu broché de grandes fleurs et est surmonté d’une colombe (le saint Esprit) elle-même surmontée de Dieu le Père. On remarquera le talent pour intégrer ce buste qui sort du cadre du retable en même temps qu’il émerge des nuages représentés.

 

De chaque côté du choeur se font face St Michel et Ste Jeanne d’Arc, tous les deux datant du XXème siècle.

 

Puis se font face également deux bustes, sans doute la partie supérieure de statues en terre cuite polychrome du XVIIIème siècle, d’une sainte Femme (la Vierge ?) et d’un saint Joseph ( ?). L’aménagement à cet endroit date sans doute d’une quarantaine d’années, car l’Inventaire réalisé par l’abbé Coulon en 1967 les situait sous le porche.

 

 

L’autel face au peuple réutilise d’anciennes chapes en damas broché du XIXème siècle qui proviendrait d’un autre édifice, l’église de Saint Léonard, d’après l’association « L’art religieux en Seine-Maritime ».

 

Une plaque obituaire datée du « 3ème de novembre 1696 » relate différentes donations (terres, chandelles, etc.) faites à l’église, sans mentionner le nom des donateurs.

 

Les vitraux sont historiés et ont été données par des paroissiens. Ils représentent dans le choeur des scènes de la vie de saint Maclou et datent des années 1890.

 

Au nord, ils représentent la mort de St Maclou dans un médaillon sur fond de grisaille avec des anges musiciens en-dessous et au-dessus et Saint Maclou adolescent, sur un banc de goémon, ramené à terre par les prières de saint Brandan, son maître.

 

Au Sud on trouve Saint Maclou guérissant des enfants malades, dans un médaillon sur fond de grisaille et Saint Maclou guérissant un seigneur qui avait perdu la vue en essayant de renverser une église élevée par saint Maclou. Là encore il y a 2 anges musiciens.

 

Enfin au sol, on trouve une pierre tombale très effacée où on pouvait encore lire il y a quelques années : « Cy gist le corps de feu Philippe de Mesniel, vivant écuyer, seigneur de Saint-Vaast, de la Brière, … 1646 ».

Pierre tombale très effacée dans l'église

 

                                                                                                                                                                            

[1] Selon les écrits, les dates varient.

[2] Le retable est la pièce majeure du mobilier d'une église de la Contre-réforme (1545-1563, Concile de Trente). Situé au-dessus de l'autel, il orne le centre liturgique de l'église ou de la chapelle. La contre-réforme, attachée à défendre la présence réelle et le sacrement de l'Eucharistie, lui associe le tabernacle, précieuse armoire ouvragée qui abrite les espèces consacrées. Elle préconise aussi la mise en valeur des maîtres-autels : situés dans l'axe de la nef et parfaitement visibles, ils facilitent la participation des fidèles aux offices; leur somptuosité, qui passe souvent par une étroite collaboration entre les arts, participe de la glorification du culte.
L'apport original du XVIIe siècle est le développement d'un type de retable monumental déployant des mises en scène théâtrales. Mais les solutions retenues varient selon les pays et les artistes. La France affectionne longtemps les grands retables architecturés, adossés au choeur et conçus à l'imitation de façades d'églises, avec registres superposés, répertoire des ordres, frontons et volutes, niches à statues encadrant des tableaux.



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