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Campagne de Caux > Tourisme & Loisirs > Eglises > ANNOUVILLE-VILMESNIL

ANNOUVILLE-VILMESNIL

Église d'Annouville Vilmesnil

HISTOIRE(S) D'EGLISES

Quelques points d’histoire sur Annouville-Vilmesnil, ses paroisses et ses églises, dont celle qui nous intéresse aujourd’hui :

 

Annouville dérive du latin Villa et du nom d’un homme germanique Arnoldus ou Arnulfus.
Vilmesnil a la même structure : un nom d’homme germanique Wine, précède une appellation latine Mansionilis (ou mesnil en vieux français), ce qui signifie le domaine de Wine.

 

L’église est dédiée, dès 1240 date du premier document attestant de l’existence de la paroisse, à Saint-Germain, évêque très vénéré dans notre région.
A l’époque, la paroisse d’Annouville forment avec Vilmesnil deux entités distinctes avec chacune leur église.
Le patronage de l’église, c'est-à-dire le droit de nommer le prêtre à la cure quand celle-ci devient vacante, revient dès 1263 à l’Archevêque de Rouen. Le seigneur des lieux, Robert Cerisier y a renoncé après un long procès. 
Les XIV et XVème siècle sont particulièrement muets sur la vie paroissiale. La Guerre de Cent Ans fait rage et les combats sont fréquents près du château de Valmont. Annouville, assez proche, doit elle-aussi en subir les conséquences. Il est fort probable qu’à la fin de cette guerre l’église ait connu une vague de restauration comme sa voisine, celle de Vilmesnil.

 

L’église, comme toutes celles du Pays de Caux, connaît de nombreux désordres et saccages durant les guerres de Religion (1520 – 1598 : Edit de Nantes). A la suite de quoi la tour-porche est reconstruite (dans les premières années de 1600).

 

Ce n’est pourtant pas ces troubles qui resteront les plus marquants. En effet, la Révolution Française sera le théâtre d’histoires étonnantes.  Le Sieur Nicolas Tranchand de la paroisse de Serville, réfractaire récidiviste, est arrêté alors qu’il pénètre dans l’église d’Annouville pour insulter les officiers du culte et l’assemblée nationale en générale. En 1791, la garde nationale est obligée d’intervenir pour remettre de l’ordre dans l’église. Jacques Lacorne a en effet pris place dans le chœur pour déblatérer sur l’assemblée nationale. Cette même année, le curé Thorel, non assermenté mais ne voulant pas se retirer, s’attaque au sieur Carpentier (curé assermenté venu de Bornambusc), armé de marteau et de ciseaux. La garde nationale est obligée une fois encore d’intervenir. Il faut dire pour sa défense, qu’arrivé en 1783 à Annouville il fait construire à ses frais le magnifique presbytère face à l’église.

 

En 1825, l’église voisine de Vilmesnil, tombe en ruine. On est à l’époque du regroupement de communes. Annouville et Vilmesnil sont réunifiées et par là même les paroisses. Il faut alors choisir comme lieu de culte une des deux églises. Celle d’Annouville est en meilleur état (elle vient d’être en partie rénovée), ce sera donc elle. Faute d’usage possible, celle de Vilmesnil est autorisée à être vendue le 20 septembre 1828, vendue le 25 février 1829 avec son cimetière et détruite en 1834. Toutefois on rapatriera dans l’église d’Annouville ses très belles boiseries. Par ailleurs, la vente de l’église et du cimetière permettront la réfection totale de la toiture de l’église

 

L’extérieur de l’église

 

          a) Quelques éléments de datation

Église d'Annouville

L’église a été construite en plusieurs fois et remaniée à plusieurs reprises. Il est donc parfois difficile de dater avec précision les différentes parties de l’église :

- la tour-porche date du début du XVIIème siècle.

- le côté sud de la nef est construit en pierres chainées de brique et soutenu par de légers contreforts. On devine à l’intérieur 4 travées par le percement de 4 fenêtres : larges, en pierre moulurée, elles sont typiques du XVIIIème siècle. A cette époque on a restauré la nef avec des pierres de marne provenant des carrières situées entre Vilmesnil et Daubeuf-Serville.

- le côté nord semble plus ancien que le sud car l’appareil de pierre et brique est différent. On remarquera aussi que le tour des fenêtres est en brique. Il faut savoir que l’utilisation de la brique est une marque de richesse. Avant le XIXème et son industrialisation, c’était un matériau assez couteux.

- le chevet plat (extérieur du chœur) était autrefois éclairé par une très belle fenêtre du XIVème siècle aujourd’hui en partie obstruée

Quelques mots sur la pierre de Pétreval : la carrière se trouve dans le vallon de Pétreval. Sa source est perchée à plus de 60m en raison de la remontée du niveau imperméable et donne naissance à un petit ruisseau qui coule vers Baigneville et se jette dans la Ganzeville.

Le nom de Pétreval a deux interprétations : Pétreval signifierait le vallon de la pierre, à cause de la pierre affleurante et des carrières, mais on notera que les anciens titres portent Pretreval ou Prestreval ou Prebstreval, c'est-à dire le val du prêtre.

On tire de la carrière une pierre calcaire très dure, qui change de couleur avec la météo : gris clair par beau temps, foncé sous les nuages et se teintant en marron quand la pluie se fait persistante.

            b) la Tour-porche

La Tour-porche de l’église Saint Germain est de plan carré et a été bâtie en PIERRE DE PETREVAL. Cette pierre est caractéristique des édifices et églises d’avant 1750. La carrière est toute proche, à cheval sur Annouville-Vilmesnil et Mentheville.

Cette tour-porche s’élève sur trois niveaux séparés par deux larmiers à profil triangulaire.  Elle est soutenue par 2 gros contreforts d’angles.

La tour est surmontée d’un clocher. La flèche octogonale est sans doute d’époque Louis XIV, donc plus tardive. Il est probable qu’il y ait eu auparavant une charpente en bois recouverte de chaume. Ce genre de structure prenant feu très facilement, on l’aura ensuite démonté pour lui préférer la pierre. D’autant plus que celle-ci se trouvait en nombre à proximité. En 1890, les pierres se délitent et tombent sur la nef endommageant la toiture. On restaure donc le clocher avec des pierres de Saint Vast ou Saint Maximin, la pierre de Pétreval n’étant plus exploitée. En 1901, une nouvelle restauration a lieu suite à la foudre. Celle-ci est tombée le jour des Communions. On eut à déplorer le décès d’un homme. Ils sont réalisés en pierre de Saint Maximin. C’est cette année là qu’un paratonnerre est installé. Ce qui n’empêche pas la foudre de tomber à nouveau en 1982, le 14 novembre. Le clocher est alors complètement éclaté : il faut tout démonter en numérotant chaque pierre pour en permettre la reconstruction.

 

On accède aux cloches par la petite tour ronde sur le côté au sud. On remarquera que cette tour d’escalier est également travaillée avec le même larmier triangulaire que le reste de la tour-porche. Elle est également en pierre de Pétreval.

 

On pénètre dans l’église par un portail en arc surbaissé, qui imite le style XVIème siècle : il est orné d’une très belle moulure de pampres (grappes de raisins avec ses feuilles) terminée à chaque extrémité par des monstres. Ceux-ci devaient protéger des statues placées de chaque côté du portail compte tenu de la forme concave des retombées des voussures (moulures linéaires au-dessus des portails) ;
Enfin on remarquera la dissymétrie de la façade avec à l’étage une fenêtre légèrement décentrée.

 

L’intérieur de l’église :

L’intérieur a été entièrement restauré il y a une douzaine d’année.

 

          a) Le porche

En pénétrant dans l’église, il faut s’arrêter quelques instants dans le porche. Il présente une belle voûte en croisée d’ogives. Celles-ci retombent sur des consoles sculptées représentant des visages, un agneau et des feuilles. L’appareillage irrégulier témoigne de l’ancienneté de ce porche que l’on date du début du XVIIème siècle. La postériorité de la nef apparait alors plus flagrante qu’à l’extérieur vu son appareillage beaucoup plus régulier.

 

Tribune dans l'égliseUne fois pénétré dans l’église, il faut se retourner pour remarquer que la tour-porche soutient une tribune. Elle présente une balustrade installée en 1998 -1999 pour mettre en valeur un très beau retable (qui a perdu son tableau peint) du XVIIIème siècle provenant de l’ancienne église de Vilmesnil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

          b) Les cuves baptismales

L’église compte deux baptistères de part et d’autre de l’entrée de la nef. Celui de gauche (en faisant face au chœur) date du XVIème siècle. ll est le font baptismal d’origine de l’église.

Celui de droite est le baptistère de l’ancienne église de Vilmesnil. Pour l’anecdote, il a été retrouvé sous l’escalier d’une charreterie. Il a été restauré et installé comme bénitier en 1964. Il date du XIIème siècle.

 

          c) La nef

L’église est probablement charpentée en berceau. Cette charpente repose sur les sablières visibles le long des murs et a été enduite. Il s’agit d’une nef unique, sans bas-côté, ni chapelle.

Elle présente un chemin de croix de 1956 ayant remplacé le chemin de croix du XIXème siècle (situé dans la sacristie ou présenté dans l’église si la paroisse l’a fait).

Quatre statues sont installées dans la nef :

en bas à droite : Saint Antoine de Padoue

en bas à gauche :

en haut à droite : statue du Saint patron, Saint Germain en pierre du XVème siècle. s=Saint Germain est représenté en évêque. Sa main droite est bénissant, l'autre devait tenir une crosse qui a disparue. Il est classé Monument Historique depuis 1975.

en haut à gauche : Saint Christophe le Grand (il porte l’Enfant Jésus pour l’aider à traverser une rivière).

Le Christ en croix date du XVIIIème siècle.

La Vierge au dessus du confessionnal portait un bracelet et un collier en or, don de la famille Anquetil suite au décès de leur fille.

En 1956 des travaux de restauration sont entrepris : la chaire est supprimée et les bancs sont tous restaurés : ils sont prolongés jusqu’au mur par la suppression de l’allée et des bancs le long des murs de la nef, bancs utilisés par les pauvres ne pouvant louer les bancs centraux.

 

          d) Les vitraux

Vitraux dans l'égliseEn 1905, après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, le mobilier de l’église antérieur à 1905 devient bien de l’Etat. Il provient pourtant souvent de dons de particuliers qui ne comprennent pas que l’on dépossède l’église. L’église d’Annouville connaîtra une histoire peu banale : outrés par la loi, les familles de Bailleul, de Trébons et Anquetil (le maire d’Annouville) revendiquent la possession des vitraux et demandent qu’ils soient déposés et leur soient rendus. Ce qui explique les vitraux tout simples de quasiment toutes les baies.

Trois vitraux sont figuratifs : ceux à l’entrée de la nef et celui du porche. Réalisés par le maître verrier Pasquier de Fécamp, ils datent de 1947 et sont des dons. Les vitraux furent bénis en 1950 en présence de 3 moines de Saint Wandrille.
Les lustres ont apparemment connus le même destin que les vitraux et ont été récupérés en 1905 par leur donateur ainsi que quelques statues.

 

 

 

          e) Le jubé 

On le remarque dès l’entrée. Il s’agit du jubé de l’ancienne église Saint Germain de Vilmesnil, détruite sous la Restauration lors du regroupement des communes. Il date du XVIIIème siècle. Il est composé de 4 colonnes corinthiennes d’époque Louis XVI (1754 – 1789) sur lesquelles repose une poutre de gloire sculptées de frises végétales et surmontés de 4 pots à feu (décor « typique » du XVIIIème siècle). Il est fermé par une grille en fer forgé.

Son rôle était de séparer la partie profane de l’église, « la nef », de la partie sacré (le transept et le chœur). Les jubés ont souvent disparu quand on a changé la liturgie et rendu cette séparation obsolète.

Ils forment un ensemble avec les autels latéraux qui proviennent eux aussi de l’ancienne église de Vilmesnil. Il est fort probable également que les stalles aient fait partie de cet ensemble transféré.
Le jubé est classé Monument Historique depuis 1975.

 

          f) Les autels latéraux

Deux autels entourent le jubé (ou clôture de chœur). En chêne, ils datent également du XVIIIème siècle. Ils sont un bel exemple du style baroque encore utilisé à la fin de ce siècle : forme arrondie, guirlandes végétales, ... Ils présentent chacun sur leur façade une représentation de la vie de la Vierge : l’Annonciation au Nord et la Nativité au Sud.

 

Malgré leur provenance ils offrent une belle unité avec le maître autel car les deux églises ayant une histoire parallèle, ils datent de la même époque. C’est cet aspect uniforme qui donne son charme à cette belle église de campagne.
Ces autels sont aussi classé MH.

 

          e) Le chœur

Dès lors que l’on pousse la porte du jubé, on pénètre dans le chœur. Tout de suite à droite se trouve la bannière dédiée à Saint-Germain. Elle servait lors des processions et date probablement du XIXème siècle.

 

A l’entrée du chœur on trouve deux portes aujourd’hui obstruées. Elles datent du XIIIème siècle et devaient servir d’accès privilégié aux prêtres et religieux qui ainsi pénétraient directement dans la partie sacrée sans se mêler aux fidèles. Elles témoignent de l’ancienneté du chœur. Tout comme la piscine : des travaux ont permis de mettre à jour une importante piscine double qui semble dater de la fin du XIIème siècle, début du XIIIème siècle (époque Louis VI et VII). On remarquera les deux trous au fond des bassins. En effet, avant Vatican II, la liturgie voulait que les prêtres se lavent régulièrement les mains avec de l’eau bénite. Celle-ci, ne doit pas quitté le sanctuaire, l’eau était donc évacuée par ces trous sous l’église. Pour des questions pratiques ces piscines ont souvent été remplacées au moment des remaniements par des lavabos portables. Ce qui explique que l’on en retrouve parfois, comme c’est le cas ici, lors de campagnes de restauration. On notera en s’approchant les belles colonnes qui entourent la piscine ainsi que la pierre tufeuse très ancienne qui la compose.

 

En levant les yeux, on remarquera de chaque cotés du choeur de magnifiques sablières (poutres qui soutiennent la charpente) : très ouvragées, elles sont sculptées des motifs floraux entrecoupés d’armoiries, dont celles des Seigneurs de Pétreval. Elles datent du XIVème siècle.

 

Anecdote sur les Seigneurs de Pétreval :

A l'histoire féodale du fief de Pétreval (et d'Annouville) se rattache le récit des scandales et des violences dont le jeune Georges de Prestreval fut le triste héros vers l'année 1545. Ce récit constitue une page instructive de l'histoire des campagnes sous l'Ancien Régime : elle montre combien l'arbitraire féodal, loin de la justice royale, pouvait peser encore sur nos malheureux ancêtres.

"De son propre aveu, Georges de Prestreval, alors âgé de 22 à 23 ans, avait mérité plusieurs fois la peine de mort. Un jour de la Trinité, pendant que ses parents étaient à la messe, il pénétra dans la chambre de son père, rompit un bahut et s'empara d'une somme de 7 à 800 livres ; puis, ayant pris à l'étable "la haquenée de poil gris et ung courtaud", il s'enfuit avec le palefrenier. Quand il eut dépensé cet argent en jouant à la paume, il alla trouver le receveur de son père et l'obligea, le poignard sur la gorge, à lui donner les fonds qu'il avait entre les mains.

Une autre fois, il roua de coups un paysan nommé Auzout pour avoir mal parlé d'une fille qu'il entretenait à Mesmoulins. Épris de la femme d'un nommé Coquelin, il l'a tellement harcelée qu'elle et son mari quittèrent la paroisse d'Annouville. Quelques jours après, comme on lui montrait le cheval sur lequel s'était sauvée la jeune femme, il tira son épée et l'enfonça dans le ventre de l'animal et le tua.

Son père lui refusant toujours de l'argent, Georges s'établit avec une bande de filles et de mauvais sujets dans le manoir de Mesmoulins, le fortifia à l'intérieur au moyen de bûches et de foin, ainsi que d'arquebuses à crochet pour résister à son père qui menaçait de le déloger avec de l'artillerie. Plus de six mois durant, il vécut ainsi, contraignant les fermiers de Prestreval à lui apporter des vivres, pillant dans les villages voisins les basses-cours des paysans qu'il avait "assujettis", volant, même chez son père, des bœufs, des moutons, des porcs gras, détroussant les serviteurs qui portaient la farine et les provisions de la maison.

Outré d'une telle conduite, le seigneur de Prestreval finit par dénoncer son fils au bailli de Montivilliers. Des sergents et des enquêteurs vinrent pour recevoir en détail ses déclarations et s'informer de tous les cries de Georges de Prestreval et de ses complices. Celui-ci ayant été prévenu, réunit des bandits armés d'arquebuses et d'épées à deux mains, surprit les enquêteurs et les effraya tellement que ces officiers s'enfuirent sans avoir fait aucune procédure.

Décrété de prise de corps, Georges de Prestreval renforça le fort de Mesmoulins et s'associa à de nouveaux bandits. Ces précautions n'étaient pas inutiles, car le lieutenant du prévôt des maréchaux, conduit par le seigneur de Prestreval en personne, vint assaillir le fort à la tête de cent ou cent vingt gens d'armes. Les assiègés répondirent par plusieurs coups d'arquebuses et d'arbalètes dont fut tué un des hommes du prévôt. Enfin Georges fut pris et condamné à mort. Il ne lui restait qu'un expédient pour éviter la peine qu'il avait si bien méritée, celui d'implorer du chapitre de Rouen le privilège de lever la fierté de Saint Romain, le jour de l'Ascension. S'il obtenait ce privilège, il échappait au supplice. Grâce sans doute à de puissantes intercessions, ce privilège lui fut accordé, et bien que s'étant constitué prisonnier le jour même de l'Ascension, Georges leva la fierté et obtint la vie sauve avec la liberté. Ainsi, après avoir terrorisé le canton des mois durant parce qu'il était noble, le misérable n'eut pas à expier ses forfaits en vertu d'une autre injustice sociale, un privilège d'église.

 

Sous les sablières sont accrochés deux toiles peintes. Il pourrait s’agir des tableaux qui surmontaient les autels latéraux venus de l’église de Vilmesnil. Ils correspondent par leur taille et ne pouvant être installés à leur ancien emplacement on les aura accrochés dans le chœur.
On trouve à droite (quand on est face à l’autel) Saint Pierre et ses clés et à gauche le Sacré-cœur. Leur ressemblance dans la technique picturale fait penser qu’il s’agit du même atelier.

 

En baissant les yeux, on remarque une dalle gravée de gisants. Datant du XVIème, elle porte l’inscription aujourd’hui très effacée : Cy gist noble homme Robert Canval, seigneur dudit ... Annouville, Fréauville et Contremoulins lequel décéda. Sa femme est représentée à ses côtés.
Leurs mains et leurs visages ont été effacés, peut-être par martelages à la Révolution.

 

LE RETABLE : c’est la pièce majeure de l’église. Avec le maître-autel, il est installé au XVIIIème siècle. Il date de l’époque de la restauration de la nef.

Le retable est la pièce majeure du mobilier d'une église de la Contre-réforme (1545-1563, Concile de Trente). Situé au-dessus de l'autel, il orne le centre liturgique de l'église ou de la chapelle. La contre-réforme, attachée à défendre la présence réelle et le sacrement de l'Eucharistie, lui associe le tabernacle, précieuse armoire ouvragée qui abrite les espèces consacrées. Elle préconise aussi la mise en valeur des maîtres-autels : situés dans l'axe de la nef et parfaitement visibles, ils facilitent la participation des fidèles aux offices; leur somptuosité, ou peintres, sculpteurs et ébénistes collaborent, participe de la glorification du culte.

L'apport original du XVIIe siècle est le développement d'un type de retable monumental déployant des mises en scène théâtrales. Mais les solutions retenues varient selon les pays et les artistes. La France affectionne longtemps les grands retables architecturés, adossés au chœur et conçus à l'imitation de façades d'églises, avec registres superposés, répertoire des ordres, frontons et volutes, niches à statues encadrant des tableaux.

Ce retable correspond parfaitement à la règle. Son autel (marqué de l’agneau) est surmonté d’un tableau encadré par d’antes (colonnes carrées encastrées dans le mur) supportant un fronton avec pots à feu et croix. Il est décoré de guirlandes végétales. Le tableau est une toile peinte représentant la Résurrection. Il porte l’inscription « Beaucousin ce 20 août 1814 à Fecamp ». Ce qui laisse penser que le tableau a été installé après le retable. Quant au tympan (intérieur du fronton) il est composé de panneaux de bois peint d’une colombe symbolisant l’Esprit Saint. Cette partie date probablement de la pose du retable et est plus ancienne que la toile peinte.

 

En s’approchant on remarquera que le retable est sculpté avec soin. Il est composé de plusieurs panneaux imbriqués les uns dans les autres. Le tabernacle est très ouvragé et a la forme lui-aussi d’une mini-église du XVIIème-XVIIIème siècle.

 

Le retable est encadré de deux portes surmontées d’un buste et d’une statue.

 

A gauche face à l’autel, il s’agit du buste du Christ (XVIIIème) et de la statue de la Vierge à l’Enfant (XVIIème siècle, pierre polychrome). La Vierge est représentée nu pieds, la main droite sur la poitrine. Elle porte l'Enfant Jésus de son bras gauche. Des armoiries bûchées sont présentes sur le socle. Cette statue est classée MH depuis 1975. A droite, c’est Sainte Geneviève (statue du XVIème siècle en terre cuite polychromée) et le buste de la Vierge (XVIIIème). Les deux bustes en bois proviennent peut-être de l’ancienne église de Vilmesnil car on les trouvait placés ailleurs sur les photos dans le porche. Tout comme les angelots (XVIIIème siècle) autrefois situés sur le confessionnal. 

 

Anecdote : quand les sacristies ont été nécessaires, le chœur a été écourté pour placer celle-ci à l’arrière. Les tiroirs pour les vêtements liturgiques ont ainsi été encastrés dans l’autel.

 

Enfin on notera l’aigle-lutrin en bois taillé. Il présente un noyau décoré d'une pomme de pin. Le piétement comporte les initiales JBP (Jean-Baptiste Pinel) CURE D'ANNOUVILLE 1763 A 1781. Ce lutrin date du 4e quart 18e siècle et est classé MH depuis 1975.

 

En septembre 1923, un cambriolage eut lieu. On eut à déplorer la disparition du ciboire, du calice et des fioles aux saintes huiles. C’était du temps de l’abbé Dupendant.



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