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BORNAMBUSC

Église de Bornambusc

HISTOIRE(S) D’EGLISES

Historique :

L’église est sous le vocable de Saint-Laurent.

Elle est en partie moderne1 et conserve seulement quelques traces du XIIIème siècle dans le choeur. Cela s’explique par une histoire très tourmentée marquée par des conflits destructeurs.

 

La première trace écrite concernant l’église de Bornambusc date du XIIème siècle. On sait qu’ à cette date l’église est donnée par Andoul de Brachy à l’abbaye de l’Ile Dieu dans l’Eure. L’abbaye avait donc droit de patronage et nommait le curé. Cette donation est confirmée le 1er novembre 1484.

 

Le village a beaucoup souffert des guerres contre les anglais2. Alors qu’il comptait 300 habitants vers 1240 il n’y en a plus que 50 en 1484. Il est fort probable que l’église ait beaucoup souffert elle aussi et que, faute de moyens (pas de paroissiens, pas d’argent pour faire vivre la paroisse), elle devait être en très mauvais état. C’est pourquoi, la réfection de l’église en style gothique flamboyant est entreprise dans la première moitié du XVIème siècle. En effet, l’abbé Cochet note en 1846 que « la nef de cette église côté nord a été en pierre blanche avec des contre-forts en ogives flamboyantes datant du XVIème siècle. C’était sans doute le commencement d’une église qui n’a pas été continuée ». Pour ce côté nord, les bâtisseurs ont réemployé du tuf (probablement de l’ancienne église).

 

Pourquoi la construction a-t-elle était bloquée ?

A cause, une nouvelle fois d’un conflit. En effet, ce sont ensuite les guerres de Religion3 qui lui furent fatales. Les troubles débutent dès 1560. Puis l’église est ravagée et partiellement démolie par les Huguenots en 15794. De cette époque date la suppression d’une belle chapelle Saint-Laurent.

Il faudra attendre le début du XVIIème siècle pour que quelques travaux commencent. En effet, en 1600, le pouvoir temporel des ecclésiastiques du fief de Bornambusc est vendu à Antoine de Clercy, sieur de Manneville et Flamanville et Pierre Lefebvre, sieur de Longueil. Ces seigneurs sont puissants et riches. Ce sont eux qui vont entamer des travaux. Cependant ceux-ci sont limités aux besoins les plus urgents. Aucun programme de grande ampleur n’est réellement engagé. On fait du « rafistolage ». Si bien qu’en en septembre 1687, quand Colbert, coadjuteur de l’archevêque de Rouen, fait une visite pastorale à l’église de Bornambusc, il constate que l’église est en mauvaise état. Il constate également que les paroissiens ne sont pas assidus au service divin, plusieurs font du bruit aux portes de l’église, d’autres travaillent les jours de fête sans nécessité. Il ordonne alors que le choeur de l’église soit couvert de tuiles aux dépens des paroissiens les plus riches.

Toutefois, les travaux ne vont guère plus loin.

Les gros travaux vont arriver avec la fin du XVIIIème siècle. En 1773, Pierre le Bigre, charpentier constate que le clocher a été renversé par le tempête et a endommagé la tour. Le procès-verbal indique qu’il est question de remplacer le clocher par un autre que l’on construirait au bas de l’église. Jusqu’à cette date, l’église a donc gardé son plan roman avec tour entre la nef et le choeur. Les dégâts ont donc été importants, le clocher ayant emporté une partie du choeur et de la nef. Les travaux font suite à ce procès-verbal. L’église est alors extrêmement remaniée. Un programme de grand travaux est amorcé afin de restaurer complétement l’église et lui donner une belle homogénéité. On en profite également pour adjoindre à l’église une belle sacristie en 1780. Cette dernière propose une belle fantaisie avec tourelle et baie en ogive, toutefois on ne sait pas pourquoi une telle fantaisie a été entreprise.

Avec 1780, on se rapproche de la Révolution. Avec tous les problèmes que l’église a connus durant les différents conflits, il est à craindre qu’encore une fois celle-ci ait connu des dégâts. Eh bien non … Contrairement à celle de Manneville-la-Goupil, celle de Bornambusc a connu peu de problèmes. Seuls quelques dégâts, évoqués ensuite, seront répertoriés.

Le XIXème siècle se passe très tranquillement aussi. On peut seulement relever que vers 1830 les archives de Bornambusc, très riches sur l’histoire du pays pendant les invasions anglaises et les guerres de religion, ont été employées comme moyen de chauffage. Les hivers avaient dû être très rudes …

Après les 2 guerres mondiales, un grand programme de rénovation est entamé :

1968 : restauration et remise en place des statues

1969 : réfection du clocher, rejointoiement des murs

1973 : réfection du versant nord de la toiture et électrification de la cloche

1979 : réfection du versant sud de la toiture

1981 : restauration des vitraux

1986 : aménagement du choeur

1988 : 2ème tranche de restauration des vitraux.

 

Il s’agit d’un intérieur très simple, qui correspond bien à une petite église de campagne.

Les visiteurs auront remarqué l’absence des bancs, remplacés par des chaises : ceux-ci ont été brûlés suite à une infection par la mérule.
Suite à des actes de malveillance, une belle gloire située au fond du choeur a disparu. En effet, entre les années 40 et le début des années 60, la gloire et les statues ont été volées. Suite à l’alerte donnée par une habitante, les statues ont été retrouvées sur le port du Havre. Hélas, la gloire avait déjà pris le bateau à destination des Etats Unis. Elle n’a jamais été retrouvée.

Les vitraux :
Ils ont été restaurés en 1986 et 1987. VOIR DESCRIPTIF DE l’INVENTAIRE

 

Les statues :
La plupart des statues anciennes avaient été entreposées dans le grenier après leur vol. Elles y ont été retrouvées en 1966 dans le grenier de la sacristie, parfois en morceaux. C’est l’atelier Legrand qui les a restaurées.

C’est ainsi que l’on sait que les trois statues en terre-cuite (SS. Laurent, Pierre et Jean-baptiste) sont signées et datées : Bredel, 1732.

D’autres sont plus anciennes.

Dans le choeur se trouvent 2 pierres tombales couvertes d’incrustations, mais dont les inscriptions sont aujourd’hui très effacées. Les visages, les mains et les pieds de gisants ont été mutilés à la Révolution ainsi que le blason surmontant la plaque abritant un couple.

La lecture de l’Inventaire des Archives du Doyenné de Doudeville par le doyen, écrit en 1857, nous apprend qu’à l’époque les dalles étaient moins effacées et encore en partie lisibles. C’est ainsi que l’on sait que la dalle de gauche (quand on est dans le choeur face à l’entrée) présente une figure d’homme portant autour du cou un cordon qui paraît être celui de Saint-Michel. Déjà à l’époque c’est à peine si l’on peut déchiffrer ces restes de mots écrits en caractère gothiques « Cy gist noble et puiss…….. de Clercy, seigneur de Manneville ». On estime que cette dalle remonte au XIVème siècle.

Ce livre nous apprend également qu’en 1857, l’autre dalle est encore dans le cimetière. Elle représente 2 figures, l’une d’homme, l’autre de femme, avec cette inscription : «

Cy gist noble homme Jean de Clecy, en son vivant sieur de Flainville, chambellan de Monseigneur le cardinal de Bourbon, fils unique de noble seigneur Antoine de Clercy, sieur du lieu, de Manneville-la-Goupil et de Bornambusc, lequel trépassa le 12 mars 1539 ».

 

Enfin, ce livre indique que dans le choeur ce trouvait encore en 1857 une inscription placée contre la muraille et qui portait « Cy gist messire Charles de Clercy, chevalier et gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, seigneur de Clercy et patron de Manneville-la-Goupil, Bornambusc, Saint-Denis du Val, Flainville, la Cuillerie, la Payennière, le Boncherais, etc, lequel trépassa le 9 décembre 1615, à Châteauneuf, en Angoulmois, étant en l’armée du roy. Priez D. P. lui ».

 

Autres curiosités du choeur : l’autel a été donné à Bornambusc en 1985 par les soeurs de la Clinique des Ormeaux au moment de leur départ. 

Vitraux de St Fançois d'assiseChrist en croix

Vitraux de St Fançois d'Assise                          Christ en croix

 

Statut de Saint Laurent

Statut de Saint Laurent

 

Les tombes à l’extérieur :

En 1718, Charles d’harnois, écuyer, sieur des Blangues épouse Catherine Bart, cousine du célèbre Jean  Bart. De ce mariage naquirent Robert, sieur de Blangues.

Robert récupère le fief de Bornambusc par son mariage avec Louise de Roussel fille d’Adrien, seigneur de Bornambusc. Les Roussel, avaient eux-mêmes récupéré le fief des Clercy.

Les Harnois sont très connus aux Etats Unis car ils ont participé à la guerre d’Indépendance américaine, aux côtés des Américains, contre les Anglais. Est d’ailleurs enterré dans le cimetière le Contre-Amiral d’Arnois de Blangues décédé en 1817 et qui avait participé à cette Guerre.

« Cy gist le Comte d’Harnois de Blengues, Contre-Amiral de la Marine royale, Chevalier de Saint Louis, décoré de l’aigle de Cincinatus, décédé à Bornambusc le 30 8bre 1817 ».

Virginie Le Poittevin, sœur de Laure de Maupassant a épousé un Harnois de Blangues. Guy a donc passé ces étés à Bornambusc et a été à l’école d’Yvetot avec Germer son cousin.

Ci-après l’arbre généalogique de la famille.

 

Les graffitis :

Graffito provient de l’italien graffiare, griffer. Les graffitis sont des mots ou des dessins "griffés" dans un support tendre comme la pierre ou le bois. Sur les murs des châteaux, des églises ou des rochers, tous sont fortuits : ils sont gravés par des gens de passage. Qui n’a pas, d’ailleurs, laissé sa trace, sur un tronc d’arbre ou sur les murs d’une cheminée, le doux nom de son aimée ou ses simples initiales ?

Un graffito est donc un graphisme de caractère individuel, élaboré avec des moyens de circonstance, sur un support non prévus pour le recevoir, et qui traduit une manifestation de la personnalité ou d’une intention de son auteur, à un moment et pour un motif déterminés.

Phrases gravées en signe d’humeur ou de revendication, noms ou dates inscrites par désir de laisser une trace de son passage ou simples dessins réalisés pour passer le temps, les graffiti n’ont été considérés comme des témoignages historiques et étudiés comme tels qu’à partir des années 1950.

Ces gravures étaient déjà réalisées à l’époque de la préhistoire (grottes), puis plus tard sur les églises ou encore dans les prisons. L’homme laissait ainsi une trace de sa présence, d’un moment de son existence et de sa personnalité, son métier, sa croyance, son opinion, sa passion…

Les églises de nos villages sont faites de pierres tendres : la craie ou le calcaire lutétien qui se prêtent bien à la gravure de graffiti.

Les gravures les plus anciennes remontent au 16ème siècle avec une fréquence maximale aux 17e et 18e siècles (un peu du 19e). Elles sont en majorité d’inspiration religieuse. Les graffiti représentent des animaux, des outils, des instruments ou encore des objets manufacturés. Ils composent ainsi tout un langage de signes et de symboles mêlant religion, croyances et superstitions.

Il semblerait que les églises qui comportent beaucoup de graffiti, possèdent ou ont possédé un cimetière placé autour. Contrairement aux cathédrales, collégiales, abbatiales… Ces grands édifices étaient rarement au contact de cimetières, mais plus généralement entourés de constructions, d’habitations ou de commerces.

L’église étant un lieu sacré, c’est là que les villageois effectuaient ces gravures. Ils traçaient un signe durable de souvenir pour les défunts.

Ces dessins ont été réalisés soit à main levée (à portée de main d’un adulte debout, c’est dans cette position que se tenaient habituellement les auteurs de ces graffiti) ; soit à l’aide d’un compas ; soit en décalquant avec un objet (outil : marteau, hache ou une main).

Plusieurs études ont été consacrées[1] aux graffiti. Souvent, c’est la catégorie très riche et abondamment documentée des graffitis de bateaux qui a été privilégiée, même si les autres figures n’ont pas été oubliées.

 

  Inscription accompagnée d'une date peut être sur le mur de l'église

Inscription « Martin Cripi » accompagné d’une date 1835 peut être. Les deux derniers chiffres sont peu lisibles.

La belle écriture laisse supposer qu’il s’agit d’une tombe qui a été relevée mais dont on a gardé la trace. C’est un des 3 types de graffiti (1/marque d’un anonyme, 2/marque d’un tâcheron, 3/tombe relevée)

Initiales et perle ou cupules sur léglise

Initiales et perle ou cupules.

Ce sont des enlèvements de matière qui correspondent souvent à des prières.

Organisées, ces perles s’apparentent à un chapelet.

  Inscription d'un bateau de mer sur l'église

Bateau de mer. On distingue bien les deux mats.

Inscription d'un calvaire et d'une croix sur l'église

Calvaire et croix. Les deux ronds sont des lorgnons ou des soleil.

Cercles et rosaces : Symboles de l'éternité, des cycles, du recommencement, de la perfection : on les retrouve seuls ou associés, encore une fois, une symbolique inspirée par l’espoir.

  Inscription d'un moulin sur l'église

Un moulin. Cette représentation est intéressante - on peut lui donnait un âge -  car en 1824, le moulin n’existe plus (pas de trace sur le cadastre). On sait toutefois que Longueil (en 1660) et Clercy (en 1703) avaient le droit de moulin à vent.



[1] par exemple : Cahinght 1961 ; Jorn & Glob 1964 ; Cinquabre 1980 ; Ramond 1980 ; Lefebvre 1981, 1982 ; Bonnet 1982 ; Bucherie 1982 ; Auffret & Auffret 2001 ; Leblond 2001 ; Wurmlinger 2004, Bucherie & Van Belle 2006, etc.

 

 



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