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Campagne de Caux > Tourisme & Loisirs > Eglises > GONFREVILLE-CAILLOT

GONFREVILLE-CAILLOT

Église de Gonfreville-Caillot

HISTOIRE(S) D’EGLISE ST MAUR

1. Historique du village

Le toponyme Gonfreville est connu sous la forme Gunfredi villa vers 1024. C’est le domaine rural d’un certain Guntfridus ou Guondofridus, nom d’homme d’origine germanique. A la fin du Xème siècle, le duc de Normandie Richard II donne aux moines de Saint-Ouen de Rouen deux vassaux à Gonfredi Villa que l’on suppose Gonfreville-Caillot. En 1172 est cité Guillaume Chaillot comme devant le service d’un chevalier pour le fief de Gonfreville : c’est évidemment à ce personnage que la commune doit son nom de Caillot, fixé dès le XIIIème siècle, vers 1210 vraisemblablement où est cité Pierre de la Bruyère comme tenant du Duc de Normandie un fief apud Gonfreville-la-Callot. On sait que l’article devant un nom propre s’applique toujours au nom d’un ancien seigneur. Cette famille n’est pas autrement connue mais pourrait être à l’origine de la motte féodale voisine de l’église.

 

Anecdote : Le découpage des terres à l’époque médiévale est très compliqué. Eustache Caillot au début du XIIIème siècle donna un tènement à l’abbaye du Valasse. Durant la Guerre de Cent Ans, les abbés fieffent ce tènement aux curés de la paroisse nommée à l’époque Beate Marie. Jean Levasseur est le dernier prêtre à tenir le fief, à son décès c’est sa famille qui l’obtiendra et ce jusqu'au milieu du XVIIème siècle. A la fin du XVIIème c’est le fermier général de l’abbaye de Saint Ouen déjà détentrice de deux vassaux qui tient ces terres puis elles reviennent au seigneur patron du bourg, Pierre René Delarocque. A noter qu’étonnamment le 23 août 1790, les religieux reçoivent du tènement encore le paiement de la rente seigneuriale.
Ce tènement était tout proche de l’église et jouxtait le presbytère.

 

Dès 1337 on a trace d’une famille locale importante : Jean de Tot est seigneur patron de Gonfreville-la-Callot.

 

Anecdote : On a longtemps raconté que cette famille portait originellement pour arme 3 merlettes sous un chef. Les merlettes furent par la suite remplacées par des cailles par allusion au surnom « la Caillot ». En fait, il s’agit d’une confusion. Ce blason, apposé à l’entrée de la ferme du Tot est celui des Ferrare, seigneur du Tôt au XVIIIème siècle jusqu’à la Révolution. Des recherches dans les archives nous montrent que la famille du Tot, seigneur du Tôt n’ont jamais porté de cailles. Ces sont des têtes de griffons arrachées.
Vous verrez, cela à de l’importance pour la suite.

 

En 1464, Etienne du Tot tient du roi le plein fief de Gonfreville. C’est toujours Jean du Tot en 1503 qui possède le fief, puis Nicolas du Tot. Ce dernier était également chevalier de l’ordre du roi et commandant de la ville d’Andelys et Château-Gaillard. Son fils, Nicolas du Tot fut nommé par Henri IV prieur de Saint-Laurent-en Lyons alors qu’il n’avait que 7 ans. Les archives nous disent que la communauté eut beaucoup à souffrir sous lui, car dans son commencement ce fut Monsieur du Tot-Gonfreville, son frère qui eut l’administration du prieuré et, lorsque les religieux parloient un peu trop haut on leur envoyait pour les contenir plusieurs cavaliers du régiment de monsieur du Tot, seigneur d’Argueil pour leur faire la correction à coup de bâton.
En 1598, la famille du Tot se sépare d’une partie de son fief au profit de la famille de Bailleul.
En 1742, c’est la famille Ferrare, patronne du Tot et Gonfreville et ce jusqu’à la Révolution. Ainsi la dernière personne à avoir le patronage de la paroisse est Marie Julie de Ferrare, veuve de N… le Roux, comte de Touffreville.

 

A noter que le manoir et la ferme du TOT sont importants car représentés dans l’église.

 

2. Extérieur de l’église

Le bâtiment est un édifice composite. Le chœur, en pierre a été rebâti au XVIème siècle avec de la pierre de Pétreval, pierre locale. Il est couvert en charpente et s’achève par une abside à trois pans étayé de contreforts. Il a été très remanié. Les baies ont été reprises. Seule, au nord, à la jointure de la nef, une ouverture ancienne, en arc brisé, dans un mur de blocage, remonte peut-être au XVème siècle.
On remarquera les moulures restaurées des baies.

Vu de l'extérieur de l'égliseExterieur de l'église

La nef, rectangulaire, est en maçonnerie de blocage enduite avec des chambranles de baies  et contreforts en briques. Au sud, la chapelle de la Vierge a été greffée à la naissance de la nef. La corniche à l’intérieur porte la date de 1677. Le pignon est lui datait de 1714. Quant à la nef, on sait qu’elle a été reconstruite en 1777.
On notera les trois restes de cadran solaires.

Cadran solaire sur l'église

La sacristie, inscrite au XIXème siècle, dans l’angle formé par la chapelle et le chœur, masque désormais un joli portail Renaissance, qui rendant autrefois le chœur directement accessible de l’extérieur.

 

Gaffiti sur le mur de l'égliseC’est la grosse tour carrée de calcaire blanc, sur lequel on relève quelques graffiti marins (surtout au sud) qui sert aujourd’hui de porche à l’église. L’abbé Cochet nous indique que ce clocher était autrefois entre le chœur et la nef. Celui-ci date du XVIIIème siècle, ce qui explique surement qu’il n’est pas bâti dans la pierre de Pétreval. L’arc de la porte en plein cintre est simplement mouluré et son décor est repris à hauteur des sommiers et se prolonge jusqu’aux contreforts de façade judicieusement posées diagonalement. Ce clocher, abrite une ancienne cloche de 1636 refondue en 1740.

 

 

Sur cette cloche est inscrit « J’ai été donnée, en 1636, par Godouville, ancien curé de ce lieu, refondue en 1740 et augmentée par discrète personne maître Louis-Mathieu Séhier, curé de cette paroisse, lequel m’a bénite et nommée Louise-Geneviève, conjointement avec noble dame Geneviève Louvel de la Tour, épouse de feu M ; Legrand de Vitanval, seigneur patron de Saint-Denis, chef de Caux, Petit Bosc et autre lieux ».

 

3. Intérieur de l’église

Le 28 juin 1708, le doyen des Loges, lors de sa visite juge le chœur très beau et lambrissé.
Pour l’embellir on décide ensuite de scier les entraits de la charpente entrainant un déversement des murs auquel on a remédié par la pose de tirants de fer.

 

Intérieur de l'égliseIntérieur de l'église

 

a.      Le Porche :

Il contient le vitrail le plus ancien : Saint Anne et la Vierge du XIXème siècle.

L’oculus contient un blason de la famille FERRARE. La devise dit « Non pour moi mais pour l’ensemble ». Cet oculus, comme les autres verrières de la nef, ont toutes été pourvues de vitraux réalisés en 1949 et 1951 d’après les cartons, bien enracinés en Normandie, de l’artiste fécampois Auguste Martin.

 

2 statues récentes (XXème siècle) : La Vierge et Saint Antoine de Padoue.

 

b.      La nef

La nef : voûte lambrissée enduite.

 

Les vitraux :
A gauche : la Sainte Famille à Nazareth

                  Le retour de l’enfant prodigue (don des habitants de la ferme du Tot) avec en arrière plan la ferme du TOT

                  Saint Maur en train de défricher avec en arrière plan l’église de Gonfreville Caillot

 

A droite :  Le bon Pasteur

                Le Semeur (en détail l’église de Gonfreville-Caillot et une ferme)


c.       La chapelle de la vierge

La chapelle date pour l’intérieur de 1677. Elle présente une poutre polychrome surmontant un retable du XVIIIème siècle. Il indique que cet autel est « privilégié ».

C’est un autel auquel sont attachées par une autorité religieuse, généralement le Saint-Siège, des indulgences particulières en faveur des âmes des défunts pour lesquels on dit la messe. Le privilège est perpétuel ou temporaire, quotidien ou non. L’autel porte généralement une inscription du type "Autel privilégié" ou "Altare privilegiatum quotidianum perpetuum" ou encore "Altare privilegiatum pro defunctis", etc.

X. Barbier de Montault définit l’autel privilégié comme étant « l’autel enrichi, par concession du Souverain pontife, d’une indulgence plénière, applicable aux seules âmes des défunts, à l’intention de qui la messe y est célébrée. [...] L’autel privilégié est local, quand la concession porte sur un lieu déterminé, comme telle église et, dans cette église, tel autel. Si le pape dans son bref ne détermine pas l’autel, c’est à l’ordinaire qu’appartient de faire ce choix. [...] Il s’étend aussi aux églises filiales, aux annexes et même aux chapelles curiales, pourvu qu’on y exerce les fonctions paroissiales. L’autel privilégié est accordé aussi aux églises des archiconfréries, confréries, pieuses unions, institutions, congrégations et associations, en vue de soulager les âmes des confrères décédés. L’évêque, pas plus que le Souverain Pontife, n’attache d’indulgence à un autel portatif, mais à un autel fixe, sous un vocable déterminé et permanent. On peut également demander l’autel privilégié pour les chapelles publiques, comme celles des hôpitaux, des conservatoires, des collèges, etc, ainsi que les chapelles seigneuriales annexées aux églises et pour les chapelles domestiques ou privées. En règle commune, il ne doit y avoir qu’un seul autel privilégié dans une même église ». (Barbier de Montault, X., Traité pratique..., 1877, t. 1, p. 176-177).

Pour J. Corblet, à cet autel, « le Souverain pontife attache une indulgence plénière, applicable au défunt pour lequel on célèbre la messe » (Corblet, J., Histoire dogmatique..., 1885, t. 2, p. 64-65).

Pour L. Le Vavasseur et J. Haegy, « l’autel ne peut être privilégié que s’il est stable et s’il a un titre (titulaire) spécial. Cependant il n’est pas nécessaire qu’il soit fixe : le privilège étant attaché non à la pierre sacrée, mais à la construction dans laquelle la pierre sacrée est enchâssée. L’indulgence de l’autel privilégié n’est pas perdue par la destruction de l’autel : celui-ci peut être remplacé par un autre érigé sous le même titre dans la même église, sans perdre l’indulgence. [...] L’indulgence de l’autel privilégié est une indulgence plénière que le prêtre gagne en célébrant la messe. Ce privilège est réel ou personnel ; réel quand il est attaché à un autel ; le prêtre en jouit chaque fois qu’il y célèbre la messe ; l’autel privilégié est personnel quand, en vertu d’une faveur du Souverain Pontife, l’indulgence est attachée à la personne du prêtre, au point que partout où il dira la messe il gagnera une indulgence plénière » (Le Vavasseur, L., Haegy, J., Manuel de liturgie..., 1940, p. 40 et n° 1).

D’après C. Du Cange sur cet autel sont célébrées des messes pour les âmes des défunts (Du Cange, C., Glossarium..., 1840, art. Altare animarum)

Le retable abrite 2 statues :

Une Vierge à l’Enfant (Saint Mère de Dieu) de la fin du XVIème siècle en pierre peinte avec des traces de polychromie. Les diadèmes ont été rajoutés. Ceux d’origine seraient aujourd’hui à Tourville les Ifs.

Un Saint Nicolas du XVIIème siècle en terre cuite ou plâtre.

 

d.      Le choeur

Au-dessus de l’entrée de ce dernier, c’est une belle œuvre de ferronnerie qui porte le crucifix et fait office de poutre de gloire. Elle a été réalisée au début du XIXème siècle par le même artisan à qui l’on doit la remarquable croix de fer forgé du cimetière. L’abbé Cochet toujours, rapporte que ces deux éléments ont, semble-t-il, été faits pour rien. Le prix de l’adjudication étant tombé trop bas, un forgeron du pays demanda le travail pour l’honneur.

 

La chaire est du XIXème siècle.

 

Le 19 février 1898, on inaugura les travaux de restauration de l’église. Comme les murs se déversaient, des étais ont été remis.  Ce fut également l’occasion d’inaugurer la Vierge à l’Enfant.

Les archives nous indiquent qu’à cette date il reste à restaurer un St Maur. Les travaux vont être faits hélas, quand il fut reposé à sa place, une mauvaise manipulation entraina sa chute. St Maur fut coupé en deux. Il est était immédiatement restauré seul sa crosse n’a jamis pu être reposée.

 

La corniche paraît avoir été doublée et les blochets sculptés de têtes et de motifs végétaux datant de la Renaissance.

 

L’ancien autel a disparu et les fonts baptismaux du XIIIème siècle déplacés dans le chœur (après 1969 car sur un plan de cette année, ils sont dans le porche à droite).

 

Les vitraux du Chœur sont des mosaïques de couleur où sont enchâssés quelques blasons. Ils sont l’œuvre du verrier Kaiser, au début du XXème siècle. Seuls les soufflets de la première fenêtre de gauche conservent des fragments de vitrail Renaissance.
Le blason qui se répète est celui de la famille du TOT.
Il s’agit ensuite de mariage :

 

Des recherches sont en cours pour retrouver dans la généalogie des Tot des traces de ces unions. Elles sont hélas pour l’instant infructueuses, d’autant que ces familles ne sont pas du tout originaires de notre secteur.

Dans Géographie de la Seine Inférieure les abbés Bunel et Tougard nous indique que l’église a trois tableaux de Jouvenet. Hélas ils ne nous sont pas parvenus.

La statuaire compte :
Une Vierge à l’Enfant du XVIIème siècle en bois peint réalisé par le sculpteur Lourdel (un normand qui a beaucoup travaillé dans l’Eure).
Un Saint Maur de la fin du XVIIème siècle e terre cuite peinte et restauré en 1990.

 

Ne pas manquer dans la sacristie le portail Renaissance en pierre appareillé qui devait surement permettre aux moines de Saint Lô de pénétrer directement dans le chœur.

 

LA MOTTE FEODALE :

 

On sait que vers 1080 se répand en Normandie ce type de fortification qui succède aux simples maisons fortes connues jusque-là. Sans doute faut-il y voir, en lien avec la présence à Fécamp du palais ducal, une façon pour un officier bien en cour, d’affirmer son autorité. Certains lignages, d’origine bas-normande, se seraient ainsi enracinés dans le Pays de Caux ; c’est vraisemblablement à l’un d’eux, un Chaillot ou Callot, originaire de Brécey (Manche) que doit être attribuée la construction de la motte.

 

La motte de Gonfreville Caillot présente la particularité d’avoir été dès l’origine entourée d’un fossé dont l’excavation a d’ailleurs fourni les matériaux du tertre de quelques mètres de hauteur. Ce dernier est construit par accumulation autour d’une armature de poutres dont l’enchevêtrement va contribuer à stabiliser l’ensemble. Il pourra ainsi supporter sans s’effondrer, sur le couronnement, une fortification annulaire palissadée et une tour de guet servant de refuge ultime.
A Gonfreville, la motte était complétée par une basse-cour, également fortifiée. L’église paroissiale originelle, trop éloignée, semble avoir été construite à l’extérieur de cette curtis. Il faut sans doute penser que la motte de Gonfreville avait sa chapelle castrale ?.

 

Les traces de mottes sont nombreuses sur un petit périmètre : Bretteville du Grand Caux, Bec de Mortagne, Crétot, 2 à Bréauté, …



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